Association des

Forums du Champ Lacanien

de Wallonie (Belgique)

2ème colloque de psychanalyse

de    l’Association    des    Forums du  Champ Lacanien de Wallonie (Belgique)

 

Actes

Samedi 6 mai 2006

Nouveaux symptômes ?

ARGUMENT

Depuis quelque temps, la littérature « psy » décrit toute une série de symptômes autres que ceux auxquels nous sommes accoutumés. Ce sont les troubles bipolaires, les paraphilies, le syndrome d’Asperger, les TOC, le syndrome de fatigue chronique, c’est-à-dire les nouveaux symptômes que la société postmoderne nous offre en pâture.

La dysphasie, l’hyperkinésie, le syndrome de Gilles de la Tourette, le syndrome de Münchhausen, la spasmophilie, la trichotillomanie, la boulimie, … sont-ils vraiment nouveaux ? Et s’ils le sont, en quoi le sont-ils ? La nouveauté ne réside-t-elle pas dans l’abord qu’en font la psychiatrie biologique et les statistiques et dans le harcèlement dont ils font l’objet de la part de psychothérapies ?

Le symptôme dit nouveau peut-il devenir une question pour le sujet, et non pas simplement une « étiquette-réponse » qui le désigne sommairement et l’inscrit dans des statistiques ? Peut-il être tenu comme une tentative de guérison ? Obéit-il à l’aphorisme lacanien qui veut que le symptôme est la façon dont chacun jouit de son inconscient en tant que celui-ci le détermine ? Vient-il à la place d’une satisfaction sexuelle ? Peut-il devenir un symptôme analytique ? Comment ? Le sujet peut-il le subjectiver dans la cure avec l’analyste ?

Bien sûr, on peut se laisser séduire par les chants de sirène du discours ultralibéral et entreprendre un « traitement » qui vise à éradiquer le symptôme nouveau de manière rapide, efficace et peu onéreuse de sorte à être « opérationnel » et, ainsi, produire du travail et de la plus-value pour le discours du capitaliste. Tel que Lacan le théorise, le discours du capitaliste est dans ses manifestations (DSM, TCC, hypnose…) aux antipodes du discours analytique car il permet au sujet de ne pas s’interroger, puisqu’il apporte une réponse toute faite. Le symptôme y est vu comme une déviation, un hors-norme. Les TCC, les médicaments comme la rilatine, et les « éducateurs commerçants », pour citer Ph. Sollers, sont les serfs du capitalisme dont l’argent reste le signifiant-maître. Ces praticiens renouent du reste avec une des fonctions de la psychiatrie du XIXe siècle : être les gardiens de l’ordre social.

Aussi, ne peut-on pas imputer au discours du capitaliste la volonté de créer, à l’instar du fascisme ou du communisme, un « homme nouveau » qui jouit de se plier à ses slogans ?

En effet, comment interpréter autrement les idéaux qui obsèdent notre société : être jeune, beau, mince, aux dents blanches, individualiste certes, mais sachant communiquer, parler toute honte bue de l’argent, entrer dans la compétition et éliminer le « maillon faible » avec aisance ; être un peu branché new age et spiritualité, mais tout en restant sportif, etc. ?

Se soumettre à ces mots d’ordre, nous dit-on, promet le bonheur. La belle affaire ! Mais alors, comment expliquer l’extraordinaire consommation d’antidépresseurs et autres omega-3 ?

Quelle est la conséquence de ces pratiques qui visent la normalité, l’adaptation et l’uniformisation ? Le rejet des « laissés-pour-compte », de ceux qui refusent d’une manière ou d’une autre, de ceux qui ne se laissent pas domestiquer ? Où l’on voit une fois de plus que la ségrégation est la petite sœur de l’adaptation. N’est-ce pas Lacan qui voyait dans Auschwitz l’aboutissement ultime de cette discrimination ?

Une autre voie existe, celle qu’a ouverte Freud et qu’a continuée Lacan. Le sujet peut se faire entendre dans ce qui cloche pour lui, il peut donner à entendre la manière dont il habite son symptôme. Ceci implique une démarche à l’inverse de celle qui est proposée par le DSM, par exemple, qui prétend déterminer pour le sujet ce qui fait symptôme pour lui. La psychanalyse, qui considère que le sujet est responsable de ce qui lui arrive, respecte son rythme dans la mise au travail de son symptôme et dans son dépliement.

Dépliant

ARGUMENT        

Nouveaux symptômes

 Michel CODDENS       

  3

 

LE BONHEUR OBLIGé DANS LE COUPLE

Du symptôme au sinthome

Michel CODDENS                   

 7

« Le symptôme de Freud. Et aujourd’hui ? »

Jean-Jacques GOROG

 11

Le scandale de l’inconscient aujourd’hui 

Claire HARMAND         

15

affection corporelle

Véronique SIDOIT

  21

 

LE BONHEUR OBLIGé DANS LE COUPLE

 

On s’est trompé d’histoire d’amour

Anne-Marie DEVAUX              

31

Du parfait bonheur dans le couple : Hier un rêve, aujourd’hui un devoir

Patrick DE NEUTER     

35

Homme et femme : moitié-moitié ? 

Elisabeth d’ALCANTARA         

41

       

Le féminin est subversif, et ça fait désordre

Danielle BASTIEN

43

 

ENFANTS-ADOLESCENTS

 

La tentation de mort chez l’adolescent diabétique

Pascal FAVERON

49

Enfance asociale et psychanalyse

Bernadette DIRICQ

53

La demande d’enfant

Marie-Françoise HAAS 

57

Pourquoi l’enfant concentre-t-il toute notre attention ? 

 Sylvain GROSS

61

 

CLINIQUE DE L’EXTREME

 

 Jouir de la honte

Brigitte HATAT                             

71

Troubles de la conduite alimentaire : la parole suffit-elle à les "guérir" ?

André PASSELECQ

75

Technologie moderne, métonymie du désir et inflammation de l’objet

Pat JACOPS

79

Un intrus dans le champ de l’hygiène mentale

Manuelle KRINGS

81

 

PERVERSION GENERALISEE

 

La perversion comme norme : ce qui est permis devient obligatoire  

Yves BATON

89

Enfin un père ?

Michel CODDENS

93

Post-modernité : déclinaison du sujet ?

Didier MATHY

97

Egalité et ségrégation

Guillermo RUBIO

103

 

CONCLUSION

 

Quoi de neuf ?

Christian DEMOULIN

111

 

Documents de travail

 

Le symptôme en psychanalyse

Michel Coddens

 

De la demande de l'Autre aux symptômes des sujets comme réponses

Bernadette Diricq

 

Donner forme a la demande

Marie-Françoise HAAS

 

Du symptôme de l'adoption a l'adoption comme symptôme

Coralie Vankerkhoven

 

Les petites et la grande machine

Yves Baton

 

Symptômes et nouveaux symptômes

Christian Demoulin